L'église et la crypte de Saint-Parize
L'église
Construite
au Xlleme siècle,
l'église de Saint-Parize-le-Châtel a sans doute
remplacé l'oratoire de
l'ancienne abbaye édifié trois siècles
plus tôt sur les lieux ou Saint-Patrice
avait évangélisé.
La donation de l'église prieurale de Saint-Parize
consentie en 1113 par
l'évêque de Nevers a son chapitre, offre un
repère précieux dans la chronologie
de l'édifice.
Construit par conséquent tout au début du Xleme
siècle, celle-ci consiste en
une nef unique de dimensions très modestes, refaite en
quasi-totalité au siècle
dernier et pourvue d'un large transept dont le carre supporte une
tour-clocher
massive. Le chœur de deux courtes travées se
termine par une abside à
cul-de-four très restaurée sous laquelle
s'étend la crypte que nous verrons
dans un instant.
Le portail occidental s'ouvre en plein cintre dans un avant-corps épaulé par des demi-contreforts plats, sous une archivolte cernée d'une belle frise de palmettes. Les petits chapiteaux offrent des décors souvent rencontrés : a gauche, deux têtes de monstres vomissant des feuillages entrelacés et terminés par des palmes ; a droite, un monstre s'apprête à dévorer un personnage.
La
crypte
La crypte accapare tout
l'intérêt. Desservie par des
escaliers modernes aménagés de part et d'autre de
l'entrée du chœur, elle est divisée
en trois nefs égales de trois travées par deux
rangées de fortes colonnes appareillées
sur socle carre, et s'achève par une abside a cul-de-four
peu profonde.
Les voûtes, à
compartiments
d'arêtes assez frustes, retombent aux murs sur de courtes
colonnes à chapiteaux
non décorés, elles-mêmes
surhaussées par un soubassement continu.
La lumière du jour,
parcimonieusement distribuée par d'étroites
ouvertures très ébrasées, caresse
à hauteur d'homme les chapiteaux des six
colonnes centrales, massifs à tailloirs très
épais, et dont les corbeilles ont reçu
une décoration d'une fantaisie et d'une verve
inégalables.
Sur le
côté droit
Première colonne
Un sciapode barbu, l'air stupéfait de sa prouesse, tient a deux mains son énorme pied au-dessus de sa tète.
Un
acrobate, très
proche de celui qui exécute son numéro au sommet
du grand tympan de la
Madeleine de Vézelay, se love en cerceau.
Un
centaure archer vient de blesser d'une flèche un cerf
affaisse sur son arrière-train et qui tourne la
tète pour le regarder.
Aux angles, un hibou et une tortue.
Deuxième colonne
Quatre
têtes d'angle vomissant des liens terminés en
larges feuilles dont les extrémités s'enroulent
sur elles-mêmes. On rapprochera
ce chapiteau de celui, étrangement voisin qui orne la
façade de
Mars-sur-Allier.
Troisième colonne
Feuilles
d'acanthes garnies aux angles de feuilles
épaisses et de pommes de pin.
Sur le
coté gauche
Première
colonne
Feuilles
courtes et raides d'où émergent des volutes se
rejoignant aux angles et contre lesquelles apparaissent deux rosaces et
deux
roues à six rayons.
Deuxième colonne
Des animaux musiciens.
Une sirène, assez
proche. de celle du tympan de Vézelay,
tient ses deux queues ostensiblement relevées.
Un personnage barbu tourne une monstrueuse cuillère dans une
marmite suspendue
à un crochet.
Troisième colonne
Huit lions assis sur leur arrière-train,
opposés deux à deux aux angles
et la tête derrière eux.
Leurs gueules vomissent des liens qui s'entrelacent et se terminent par
une
unique et large palme.