Le patrimoine local de Saint-Parize
Les
lavoirs
A Saint-Parize-le-Châtel, c'est en contrebas de l'église que l'on découvre le lavoir communal. Il est traversé par l'eau d'une source généreuse qui alimente aussi un abreuvoir vers lequel convergeait autrefois le bétail.
Ce lavoir est abrité par un bâtiment construit en fer à cheval. Sa charpente est soutenue de façon originale par quatre piliers en bois qui prennent appui sur des blocs de pierre immergés. Le sol est pavé de pierres plates de Moiry.
Ce lavoir existait déjà il y a plus d'un siècle, mais l'aspect qu'il offre à nos yeux aujourd'hui, nous le devons a la municipalité en place en 1890, dirigée par le maire, Mr Robert, qui décida de le restaurer. Une pierre de façade en témoigne. Si, aujourd'hui, il nous semble un moyen archaïque de faire la lessive, il représentait, il y a cent ans, un progrès considérable, faisant partie des aménagements ruraux élémentaires pour la santé et la salubrité publique.
S'il ne sert plus guère aujourd'hui, il est le témoin d'une époque encore récente ou la vie des femmes était absorbée par de lourdes tâches domestiques, comme la lessive hebdomadaire. Les lavandières portaient leur linge sur une brouette. II fallait travailler à genoux. Pour ce faire, elles apportaient au lavoir une sorte de caisse à trois cotes dont le fond était garni d'un coussin : le "cabasson" . Savon de Marseille, brosse duce, battoir, le tout manié avec ardeur vous faisait un linge plus blanc que blanc. Durant la lessive, on se racontait les nouvelles, les potins circulaient, les réputations se faisaient, se défaisaient, d'ou le nom "d'hôtel de la médisance" attribue parfois au lavoir.
Dans les années 1960, la machine à laver a supplanté le lavoir et la lessiveuse. On n'y rencontre plus, tout au long de l'été, la bergeronnette grise, appelée "lavandière" ou "butte-lessive" parce qu'en marchant, elle imprime à sa queue un mouvement de battoir.
Un autre lavoir se trouve sur la commune de Saint-Parize au lieu-dit tâche prêt du vieux Chateau.Le lavoir du hameau de Moiry, construits en 1873, à été détruit dans les années 70.
Les moulins à vent
Le moulin de Moiry Le moulin de Saint-Parize
Il existe 2 moulins tour à Saint-Parize, un près du chateau d'eau dans le village et un second avec des ailes à entoiler, restauré récemment, qui se situe dans le hameau de Moiry .
Vestiges de l'époque Gallo-Romaine
On n'a trouvé aucun vestige du temple romain que les chroniqueurs signalent à l'endroit ou Saint-Patrice fonde son abbaye, temple que les paysans, désigne sous le nom de Bagaudes, détruisirent lors d'un soulèvement au 4e siècle, mais la contrée a conservé plusieurs traces de la civilisation romaine.
Vers 1840,
on a découvert à Villars des
poteries antiques, des tuiles romaines et un pavé en mosaïque
du Bas-Empire; il
y eut vraisemblablement un établissement gallo-romain assez
important.
Les sources des Fonts Bouillants furent exploitées par les
Romains. Dans sa
thèse, le Docteur Arthur Galand rapporte que SERTORIUS, Chef
d'une légion
romaine, ainsi qu'un grand nombre de ses soldats ayant
été atteints de la lèpre
furent guéris par les eaux minérales de
Saint-Parize. D'ailleurs, les mars qui
entouraient jadis la fontaine et son bas-fond pavé, formant 3 bassins
distincts, indiquaient son origine romaine.
On a
retiré de la source des Vertus des
fragments de poteries romaines, preuve qu'elle fut exploitée
a
la même époque.
Non loin de là, dans les Champs Blonds, on a
trouvé des poteries et 3 piscines
étagées, reliées entre elles par des tuyaux de
plomb.
En 1821, on a recueilli à Saint-Parize une piece d'argent du
2eme siècle à
l'effigie de Sabine, femme d'Adrien. Le musée de Nevers
possède un grand bronze
de Marc-Aurèle (161-180) de mène provenance.
C'est encore au Bois de Bord, la découverte d'un puits
funéraire gallo-romain,
près de Suzeau, une fontaine pavée recouverte de
dalles en gré; en 1906, à
Moiry, de 1672 pièces de
monnaie et de différents objets.
D'après
Antoine DESFORGES, 2 voies romaines
traversaient le territoire de Saint-Parize-le-Châtel. La
première, celle
d'Augustodunum (Autun) à Burdigala (Bordeaux) par Avaricum
(Bourges) passait
dans les champs de Gy, à la fontaine des vertus puis
à Buy et de là se
dirigeait sur Sancoins. La partie qui traversait les champs de Gy a
été
détruite de 1858 à 1881.
La seconde qui partait de la fontaine des vertus se dirigeait vers
Nevers.
Monseigneur CROSNIER prétend que les Romains avaient
établi un camp retranché
dans les champs de Gy.
On a retrouvé aux lieux-dits le Vignot et les Chétives Vignes, des restes de constructions, des tuiles à rebord, des puits, des hypogées, des armes et des pièces de monnaie.
L'hôpital
américain
1915, les
Etats-Unis déclarent la guerre à
l'Allemagne après que plusieurs navires britanniques aient
été coulés par la flotte allemande.
Des troupes américaines sont
dépêchées en
France.
Etant peu éloignée du front et proche de la gare
de Mars-sur-Allier, notre
commune sera retenue pour la construction d'un hôpital. Les
premiers
détachements arrivent, ils seront suivis par le corps
médical et la police
militaire.
Il ne sera jamais utilisé car le 11 novembre 1918, l'armistice est signé et les troupes américaines repartent progressivement. Le cimetière qui se trouvait au lieu-dit La Plaine sera transféré à Nevers. Longtemps le camp sera envahi par la végétation, jusqu'à la construction du lycée agricole et de l'ancien circuit Jean Behra. Aujourd'hui il reste pour seuls vestiges le château d'eau et le réservoir. Une stèle en souvenir de ces combattants se trouve sur le bord de la RN 7 entre Moiry et Magny-Cours.
Les
fonts bouillant
Le hameau des Fonts-Bouillants, situé au nord-est et
à un kilomètre environ du
bourg de Saint- Parize, tire son nom des fontaines d'eau
minérale gazeuse dont
le bouillonnement est très apparent.
Une légende veut que les eaux minérales aient
d'abord été à Cougny. Certain
jour néfaste un assassin vint y laver son glaive souffle de
sang. Les eaux
s'émurent. Le génie préposé
à leur garde ne put empêcher la profanation, mais
il leur ordonna de quitter ce lieu maudit. Elles
s'élevèrent dans les airs.
Dans leur course elles laissèrent tomber quelques gouttes
dans l'étang de
Civière et dans les bois des vertus, ce qui fait qu'on voit
des ébullitions
dans ces deux endroits. Un pionnier les apercevant au-dessus de sa
tète, les
charma et les fit descendre dans leur bassin actuel.
La source des Fonts-bouillants est exploitée depuis un temps
immémorial. Les
Romains y installèrent un établissement thermal
L'amphithéâtre fut, dit-on, détruit par
les guerriers de Charles Martel.
On croit qu'il y eut, vers le Xlle siècle, une maladrerie
qui fit donner à la
fontaine le nom caractéristique de Puits de Maux.
Au XVème siècle l'eau minérale des
Fonts Bouillants devait avoir un certain
renom. Elle fut analysée, en 1789, par Hassenfratz.
Le 15 nivôse an X, la Préfecture de la
Nièvre déboute François Tardy qui
revendiquait la source, et déclare que la fontaine des
Fonts-Bouillants, ainsi
que la chaume ou terrain
avoisinant est bien
réellement la propriété de la commune
de Saint-Parize.
La fontaine fut réparée en 1854 et en 1864.
Jusqu'en 1894, cette source est restée
propriété communale. On la faisait
exploiter par un fermier qui, en 1854, payait une redevance annuelle de
50 F.
le dernier adjudicataire donnait un fermage de 430 F par an. L'eau
coutait 5 centimes
la bouteille aux gés de Saint-Parize ; les
étrangers la payaient 10 centimes.
Le 5 aout 1894 l'aliénation de la source fut
décidée par le Conseil Municipal.
La vente fut autorisée par le Préfet le 10
octobre. Elle eut lieu le 15
octobre.
Voici d'ailleurs un extrait de Pacte sous seings prives intervenu entre
la
commune de Saint-Parize, représenté& par
son maire, M. Georges Bourre,
d'une part, et M. Ferdinand-Charles Gelin, chef de division a la
Préfecture de
la Nièvre, demeurant a Nevers, 8, boulevard Victor-Hugo,
d'autre part.
"La commune vend avec toutes les garanties de fait et de droit:
1° La source des Fonts-Bouillants avec le terrain qui l'entoure
et le hangar
couvert, le tout 32 ares 40 centiares ;
2° Le terrain contenant la 2e source et qui n’est
qu'une partie d'ancien
chemin, devant les propriétés Grenut et Bordes,
de la contenance de 30
centiares.
Conditions de la vente:
1) La commune ne sera tenue à aucune réparation.
Elles seront faites par
l'acquéreur et a ses frais. La source actuellement
exploité sera réparée,
fermée à cadenas et recouverte par une toiture en
métal. La petite source
actuellement impropre a tout usage, et qui se trouve en face de la
première,
sera également miss en bon état et couverte, si
elle peut être exploitée.
2) M. Cain offrira gracieusement l'eau a raison de deux litres par jour
et par
feu aux habitants de la commune, sans distinction de position, ceux-ci
ayant le
droit de prendre a la fois l'eau nécessaire leur
consommation de plusieurs
jours. L'eau qui serait demandé en sus de deux litres par
jour et par feu sera
payée cinq centimes le litre.
3) Si les vertus médicinales de la source peuvent
être reconnues par l'Académie
de Médecine et que l'eau soit reconnue d'utilité
publique, les habitants de la
commune, sur la production d'un certificat médical, auront
droit a l'usage
gratuit des bains et des douches.
Prix: le paiement de l'acquisition se fera de la manière
suivante -. M. Gélin,
acquéreur, délivrera à la commune un
titre nominatif de 400 F de rente sur
l'Etat français."
Le 18 août 1896 les sources sont devenues la
propriété d'une société
locale
composée de 60 actionnaires dite
"Société anonyme des Eaux minérales de
Saint-Parize-le-Châtel (Nièvre), au capital de 350
000 F entièrement
versé", puis d'une autre société qui
fit des dépenses inconsidérées,
ensuite de M. Seigneurie, de Paris, enfin en 1921, de M. Edmond
Hervieux.
La source des Fonts-Bouillants est approuvée par
l'Académie de Médecine et le
Conseil d'hygiène; elle a été
autorisée par l'Etat par décret du 9
décembre
1895.
La source Gélin, forée et captée en
1895, est également autorisée par l'Etat
(décret du 12 janvier 1897) approuvée par
l'Académie de Médecine et le Conseil
d'hygiène. Elle est prescrite contre la gravelle rouge et la
goutte.
Les médecins la recommandent contre les maladies nerveuses
de l'estomac et de
l'intestin, contre la dyspepsie et contre l'anémie. C'est
une excellente eau de
table. La source Gélin fournit une eau
médicamenteuse sulfatée, calcique,
très
gazeuse et ferrugineuse. Son bouillonnement, excessivement abondant,
est tel
qu'on peut l'entendre à dix mètres de
l'établissement. Elle est utilisée pour
guérir la gravelle, les maladies de voies urinaires et des
voies biliaires et,
en ablutions, les maladies cutanées.
On recueille son excédent de gaz pour renforcer l'eau des
Fonts-Bouillants en
acide carbonique.
D’après Antoine Desforges
(extrait du journal "Le nivernais" du 15 mai 1965)
SUR LA TABLE DE L'ÉLYSÉE
Tous les Nivernais connaissent les eaux de Saint-Parize que l'on
retrouve sur
la table de beaucoup d'entre-eux. Dans une notice datée du 2
septembre 1865 sur
"l'eau minérale naturelle de
Saint-Parize-le-Châtel", on peut lire à
propos de la source des "Fonts Bouillants"
... Elle s'est installée résolument au palais de
l'Elysée où elle figure, tous
les jours, sur la table du Président de la
République (à l'époque
Félix Faure),
dans les ministères, les préfectures et des
grands ou des petits restaurants de
Paris où elle est très
appréciée".
Ainsi, l'eau de Saint-Parize a bien ses lettres de noblesse. La source
se
trouve à la sortie de l'agglomération; chaque
année, plus de deux millions de
bouteilles d'eau en sortent et ce chiffre n'est appelé
qu'à augmenter.
LES SOURCES ET LEURS PROPRIÉTÉS
Monsieur RICHON qui a pris la direction des Sources en 1953,
à la suite de
Monsieur DANJEAN et qui est aussi vice-président de la
fédération nationale des
petits et moyens exploitants d'eau minérale, donne
à ce même journal les
renseignements suivants sur les eaux de Saint-Parize :
"Combien y a- t- il de sources à Saint-Parize ?
- Il y a trois sources d'eau minérale : la source "Gelin',
la source
"Elysée" et enfin la plus importante qui est seule
exploitée : la
source des "Fonts Bouillants". Il faut en outre signaler l'existence
d'une source d'eau de table : la source "Châtel" que nous
allons
d'ici peut mettre en vente.
- Quelle différence y a-t-il entre une eau
minérale et une eau de table ?
Pour qu'une eau soit vendue sous le nom de
minérale, il faut une
autorisation ministérielle qui est donne après
avis de l'Académie de Médecine
et du Conseil Supérieur de l'Hygiène.
Une eau de table par contre n'a besoin que d'une autorisation
préfectorale pour
être mise en commerce. La condition essentielle est qu'elle
ne possède pas plus
de 2 grammes de minéralisation.
- Quelles sont les propriétés des eaux
minérales de Saint-Parize ?
- Par le calcium qu'elle contient, elle
évite la
décalcification et la déminéralisation.
- Par le magnésium, elle agit
sur le foie et de plus, il a
eté reconnu que cet élément est
puissamment anti cancérigène.
Enfin, la silice préserve de l'hypertension et ralentit le
durcissement
artériel.
- « Je crois que vous allez annexer la fabrication
des sodas à
l'exploitation des sources.
- Oui effectivement, les boissons gazeuses connaissent une grande vogue
en ce
moment, que ce soit Evian ou beaucoup d'autres, nous voyons se
multiplier les
marques... aussi pourquoi acheter ailleurs ce que nous mêmes
pouvons avoir dans
la Nièvre ».
Ce soda fut effectivement commercialisé quelques temps plus
tard sous la marque
SYMPA. Son slogan était, SYMPA, le sympathique soda de
Saint-Parize. L'exploitation commerciale des sources pris fin
définitivement en 1975.
Le nom d'un hameau les PUITS DE MAUX, situé non loin des
Fonts
Bouillants provient vraisemblablement de la source minérale
qui
attirait un grand nombre de malades venant chercher un
remède
à tous leurs maux.